Personne n’est innocent… (Poitiers-2006)

Personne n’est innocent… est un projet conçu à plusieurs et dont la réalisation s’effectuera en plusieurs temps. Le premier acte est coordonné par le commissaire indépendant Damien Airault et sera visible dans les galeries du Confort Moderne de Poitiers en mai prochain. L’acte suivant, coordonné par Sigismond de Vajay, est prévu à Bruxelles, en collaboration avec la Galerie Cotthem. Chaque étape du projet est conçue comme un événement, avec la production d’œuvres inédites et de performances.

Personne n’est innocent… s’inscrit dans une actualité internationale troublée, c’est pour cela que l’exposition fait appel à des artistes de différentes nationalités et générations en tentant de les relier sous une même attitude, ou plutôt de déceler des façons communes de percevoir le chaos qui les environne.

Nous avions, au départ, pensé nous pencher sur les menaces terroristes et le tapage médiatique qui créent leur peur. Au final, loin des discours critiquant les mass-médias, des partis-pris dogmatiques, de ce qui se nourrit et alimente des terreurs souvent injustifiées ou exacerbées, nous ne retenons que ce qui peut évoquer la violence et qui en reste périphérique : des indices contemporains de barbarie ou de résistance.

Comme si nous ne connaissions pas exactement le crime, mais que nous pouvions en apporter les preuves, ou, plus précisément, que chacun pouvait en percevoir les preuves. À ce niveau Personne n’est innocent… espère jouer avec les mécanismes psychologiques du spectateur.

Notre axe de recherche cherche à dévoiler une violence quotidienne, omniprésente et diffuse, dont chacun devient le relais plus ou moins consciemment. Mais Personne n’est innocent… ne fait pas à proprement parler acte de dénonciation : l’exposition met en exergue subtilement une barbarie que le spectateur peut recréer. Les artistes que nous avons sélectionnés manient donc l’ellipse. Aucun ne montre l’acte sauvage ou ses conséquences. En évitant aussi la métaphore, les effets décoratifs ou sensationnalistes, les images restent crues et le crime suggéré.

Alors, au delà d’une vision sociale ou politique, l’exposition dévoile un postulat esthétique, un comportement loin du thème de départ, cristallisé par des similitudes de styles et d’approches. Et si les œuvres peuvent se ressembler, ce n’est que pour mieux montrer les particularités des approches individuelles.

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